Le problème de la Turquie…


Ce n’est pas Erdogan !!

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© photocredit

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Par Ariane Bonzon – Dans un contexte où n’existe ni droite ni gauche, l’opposition a été successivement incarnée par l’armée, par l’Union européenne et par le mouvement Gülen. Et il est logique que le parti au pouvoir devienne un parti autoritaire.

Hormis la lune de miel entre l’Union européenne et le Premier ministre turc à propos du démantèlement de la tutelle militaire, l’Union européenne a tenu lieu d’opposant au gouvernement AKP. Mais le côté «maître d’école» de Bruxelles, la multiplication de ses exigences (problème kurde, arménien, chypriote, liberté expression, etc) et la distribution de «bons» et «mauvais points» passe très mal dans l’opinion publique. L’Union européenne manque de relais politique à l’intérieur de la Turquie – mis à part les partis kurdes, actifs depuis trente ans mais à l’influence réduite sur le plan national en raison d’un mode de scrutin défavorable.

Ainsi donc après l’«arbitre ultime» que serait l’armée, ce fut au tour de l’Union européenne d’occuper cet espace politique vacant. Or sans une force politique et complice à l’intérieur, cette opposition de l’Europe à l’extérieur de la Turquie tourne dans le vide.

Un troisième acteur, au sein même de la galaxie islamiste, le mouvement Gülen, vient de prendre la relève de l’Union européenne dans ce rôle d’opposant. En dénonçant l’autoritarisme, la corruption et la politique étrangère du premier ministre turc et de son entourage, cet «opus déi turc» apparaît comme un adversaire sérieux de l’AKP, bien qu’il ne se présente pas aux suffrages des électeurs et ne le souhaite d’ailleurs pas.

Dans ce contexte où n’existe ni droite ni gauche, l’alternance est difficile comme si l’opposition avait été successivement incarnée non par des partis mais par l’armée, par l’Union européenne et par le mouvement Gülen. On comprend mieux dès lors que le parti au pouvoir devienne un parti autoritaire qui donne toujours la priorité au renforcement et à la survie de l’Etat dans lequel le citoyen n’a pas grande importance. Lire l’analyse complète.

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