Erdogan va gagner, c’est sûr. Mais de combien ?


Erdogan, ange des Turcs noirs, démon des Turcs blancs

Juge démissionnaire à la Cour d’appel d’Ankara, Emine Ülker Tarhan est loin de partager l’opinion d’Ali Baba. Erdogan, explique-t-elle, a fait de sa vie un enfer. «Depuis qu’il a pris les rênes du pays, il veut tout régenter.»

À commencer par le système judiciaire, où elle a travaillé pendant 15 ans. Ancienne présidente de Yarsav, association professionnelle de juges et d’avocats, elle se sentait constamment épiée. Lorsqu’une conversation téléphonique privée de son mari a été publiée dans les journaux, elle s’est dit que c’en était trop. «Tous les gens qui s’opposent à Erdogan sont sous surveillance», dit la grande blonde vêtue d’un complet gris ajusté.

À la fois scandalisée et effrayée, elle a rangé sa toge et décidé de se lancer en politique. Dimanche, elle briguera les suffrages pour le Parti républicain du peuple (CHP en turc), créé par Atatürk, fondateur de la République turque. Elle croit qu’il n’y a pas d’autre moyen de freiner les «tendances dictatoriales» de Recep Tayyip Erdogan et le conservatisme islamique qu’il veut imposer à la société turque.

D’autant plus que, si Erdogan obtient la majorité absolue, dimanche, il pourra modifier la Constitution et transformer le système parlementaire en système présidentiel à l’américaine.

«Il vend une fausse image du pays à l’étranger. La situation des droits de la personne empire tous les jours, en Turquie. Il insulte sans cesse les femmes. Il nous dit de rester à la maison pour faire trois enfants chacune!», s’indigne-t-elle.

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« Erdogan se voit comme le leader de la Turquie, mais aussi de toute la région »

Il est évident que la question kurde est le principal échec du parti. Erdogan avait fait un grand discours dans la région kurde, reconnaissant pour la première fois le problème. Pendant cette campagne, il a dit qu’il n’y avait “plus de problème kurde”. Mais il y a toujours un problème kurde : la Turquie compte treize millions de citoyens d’ascendance kurde, qui réclament, dans leur grande majorité, des droits culturels étendus, et la possibilité d’avoir un enseignement dans leur langue maternelle.

Le parti prokurde BDP (Parti pour la paix et la démocratie) réclame une autonomie politique pour les régions kurdes. Face à ces revendications, pour le moment, le gouvernement n’a pas su proposer grand-chose d’autre que des opérations militaires et une répression politique et militaire quotidienne.

Pour contourner la règle du seuil électoral de 10 %, les candidats kurdes ne se présentent pas sous l’étiquette de leur parti, mais en candidats indépendants. Une fois qu’ils seront élus au Parlement, ils pourront se regrouper et constituer un groupe parlementaire. Il devrait donc y avoir une trentaine de députés kurdes après les élections, pour un nombre total de députés de cinq cent cinquante.

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« La Turquie ne peut pas être fière de sa campagne »

Il y a d’abord deux certitudes. Le parti AKP du Premier ministre Erdogan va obtenir la majorité. Or ce même parti souhaite changer la Constitution. La loi impose qu’il faut une majorité des 3/5 du Parlement pour toute modification de la Charte constitutionnelle, donc l’enjeu est le suivant : l’AKP obtiendra-t-il une majorité de 330 députés ? La probabilité est faible mais elle est quand même à l’ordre du jour. Le deuxième enjeu est le test pour Erdogan. Si après avoir gouverné pendant 9 ans, l’AKP maintient son score autour de 45-47%, le Premier ministre pourra déjà se projeter dans la campagne à la Présidence de la République dans trois ans, et il fera tout pour mettre en place un régime présidentiel.

Nous avons connu une forte régression par rapport aux campagnes précédentes. Elle a été très dure, violente, au niveau verbal mais aussi au niveau physique. Nous avons presque retrouvé les tensions des campagnes des années 70, avec des attaques dans les bureaux du parti au pouvoir et des morts lors des affrontements avec la police. La Turquie ne peut pas être fière de cette campagne. Ces tensions ont deux origines. L’arrogance du parti au pouvoir qui fait que la police se sent beaucoup plus autorisée à intervenir, et surtout le rapport de plus en plus exacerbé entre le gouvernement et les mouvements kurdes.

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Battle for votes as campaign nears end

Human Rights Watch (HRW) said such a step would harm efforts to combat gender inequality and violence against women.

“[It] flies in the face of research showing major shortcomings on women’s rights and horrendous violence against women,” said Gauri van Gulik, women’s rights advocate and researcher at HRW.

“Women in Turkey need more determined action by the government, not less, to protect women’s rights in practice.”

Revitalised opposition

The main opposition party, the centre-left CHP, has called for the creation of a “ministry of equality” to reduce the gender gap.

Regarded as a pillar of the secularist establishment, and out of power for decades, the party has been revitalised under its new leader, Kemal Kilicdaroglu.

At a rally, he accused the AKP of transforming Turkey into “an empire of fear” and a “police state”, and Mr Erdogan of behaving like a “sultan”.

The third-biggest party, the nationalist MHP, has been rocked by the resignations of 10 leading members in a sex video scandal.

Its leader, Devlet Bahceli, rejects any constitutional changes that could lead to a structure based on different ethnic identities.

(full text)

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Turkey and the West Address the Arab Spring

This brief summarizes discussions at the “EU, Turkish, and U.S. Responses to the Arab Spring: Exploring Synergies in a Transatlantic Context” conference in May 2011. Among a plurality of views, a broad consensus emerged around a few core observations. First, the Arab revolutions are pushing Turkey and the West together as they present transatlantic partners with similar opportunities, dilemmas, and challenges, Second, whether or not it is correct to speak of a “Turkish model,” the United States and Europe should take advantage of Turkey’s regional influence and soft power to reinforce positive aspects of the unfolding democracy and civil society movements. And third, that greater coordination among Turkey, the United States, and the EU is desirable and achievable, but divergences may persist, especially insofar as the use of force is involved.

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Plus :

L’AKP turc espère un nouveau plébiscite

l’AKP ne laisse rien au hasard

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Event :

Turkey after the Elections:
Implications for Europe, the US and NATO


Welcome

Dr Jurgen D. Wickert
Director
International Political Dialogue
Friedrich Naumann Foundation for Freedom

Speakers

Jorg Dehnert
Project Director Turkey
Friedrich Naumann Foundation for Freedom

Emily Katkar
Political Officer
United States Mission to the European Union

Facilitation

Toby Vogel
Foreign Affairs Reporter
European Voice

Tuesday, 21 June 2011
12.30-14.30

Venue
Friedrich-Naumann-Stiftung
Avenue de Cortenbergh 71 (1st floor)
1000 Brussels

The number of seats for this event is limited.
RSVP by e-mail by 20 June 2011 to register.brussels@fnst.org
Please indicate your organisation/institution and position.

 

 

 

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