Turquie/Turkey : Judicial harassment – Harcèlement judiciaire…


L’acharnement sur les journalistes abordant la question kurde continue

“Sınır Tanımayan Gazeteciler Örgütü (RSF) Türk makamlarının “resmi inkarına” rağmen Kürt sorununun bir tabu olarak kalmaya devam ettiğini belirterek Kürt sorununda sertlik çizgisine dönüldüğünü belirtti.” ( Tamamı )

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Reporters sans frontières constate avec tristesse que, malgré les dénégations officielles des autorités turques, la question kurde reste un tabou qu’il ne fait pas bon briser. Au mois de mars, au moins six personnes ont été inculpées ou condamnées pour avoir écrit sur le sujet, en vertu de la Loi antiterroriste n°3713.

La Loi antiterroriste aura vingt ans le 12 avril 2011. Elle est rapidement devenue une arme implacable contre les journalistes qui abordent le problème des minorités nationales. Les procès de ce mois-ci prouvent une nouvelle fois son utilisation abjecte et délirante. En son nom, des auteurs mais aussi des éditeurs sont touchés par de fortes condamnations.

Hakan Tahmaz et Ibrahim Cesmecioglu, respectivement chroniqueur et directeur de rédaction du journal Birgün, ont été condamnés, le 24 mars 2011, pour « reprise de déclaration ou communiqué en provenance d’une organisation terroriste ». Sur la base de l’article 6 de la Loi antiterroriste, il est reproché aux deux journalistes la publication, en août 2008, d’un article intitulé « Un cessez-le-feu unilatéral amplifiera le problème ». Celui-ci contenait un entretien avec Murat Karayilan, représentant du PKK interrogé à Qandil (Kurdistan irakien). Faisant référence à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, le procureur avait pourtant requis l’acquittement pour les deux hommes en vertu du droit d’information sur les sujets d’actualité. Mais le président de la 10ème chambre de la cour d‘assises d’Istanbul a choisi de condamner Tahmaz à dix mois de prison pour avoir écrit l’article, et Cesmecioglu à une amende de 16600 livres turques (1600 euros) pour l’avoir publié.

Cette même cour avait condamné deux semaines plus tôt l’auteur et l’éditeur d’un livre sur la question kurde publié en mai 2010, au motif de « propagande du PKK ». L’auteur de « L’Etat global et les Kurdes sans Etat », Mehmet Güler, a été condamné le 10 mars 2011 à un an et six mois de prison, et l’éditeur, Ragip Zarakolu, à une amende de 16600 livres turques (1600 euros). Là encore, le procureur avait pourtant qualifié la peine d’emprisonnement de « disproportionnée et contraire aux exigences d’une société démocratique ». Triste exemple de l’acharnement judiciaire dans ce domaine, les deux hommes avaient déjà été jugés, au même motif, pour la publication d’un autre livre en juin 2010.

Le journaliste Ertugrul Mavioglu a quant à lui été mis en cause pour avoir publié une interview en trois parties de Karayilan dans le journal Radikal, du 28 au 30 octobre 2010. Accusé de « propagande du PKK » il est passible de sept ans de prison. Alors que son procès doit s’ouvrir tout prochainement, la similitude de son cas avec celui de Tahmaz et Cesmecioglu fait craindre une nouvelle condamnation injuste.

Après une relative ouverture sur le sujet la question kurde semble de nouveau tétaniser les autorités. Il est vrai que contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, la pratique de la justice envers les journalistes n’avait guère été altérée par cette ouverture politique. Newroz, le nouvel an kurde célébré le 21 mars et journée traditionnelle de manifestations dans l’Est du pays, a fourni une nouvelle démonstration de cette répression aveugle.

Dans la nuit du 21 mars 2011, Necip Capraz, du journal local Yüksekova Haber, a été interpellé avec dix autres personnes à Hakkari (sud-est). Il est soupçonné d’appartenance à l’Assemblée turque de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK/TM), accusée d’être liée au PKK. Opéré du coeur il y a un an, le journaliste a une santé fragile. Il a été arrêté trois ans jour pour jour après avoir fait l’objet de violences de la part de policiers, en marge de manifestations pro-kurdes qu’il couvrait. Journaliste connu dans la région, il avait reçu en 2005 le « Prix Solidarité de la presse », décerné par l’Association des journalistes contemporains (CGD).

Les autorités s’en sont même prises à des étrangers. Le photo-reporter allemand Benjamin Hiller a été interpellé alors qu’il couvrait une manifestation du Parti démocratique kurde (BDP) à Diyarbakir (sud-est). Verbalement pris à partie et accusé d’avoir pris des photos illégales, il a été placé en garde-à-vue pendant une heure et demie, puis finalement relâché.

Le problème des minorités nationales est un sujet brûlant en Turquie, où le simple fait de les mentionner est souvent perçu comme une atteinte à l’unité du pays. Le 28 mars encore, Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, a été condamné en appel à une amende de 6000 livres turques (730 euros) pour avoir affirmé en 2005 dans un article paru en Suisse : « 30 000 Kurdes et un million d’Arméniens ont été tués sur ces terres ». Cette condamnation est symboliquement très forte.

Reporters sans frontières réitère une fois de plus ses appels aux instances judiciaires, pour qu’elles cessent de criminaliser l’expression des débats qui agitent actuellement la société turque.

L’organisation effectuera une mission en Turquie début avril, à l’occasion du vingtième anniversaire de la Loi antiterroriste et des rafles de journalistes intervenues ces dernières semaines

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Courts continue to hound journalists who cover Kurdish minority issues

Reporters Without Borders regrets that, despite the government’s denials, the demands of Turkey’s Kurdish minority continue to be off-limits for the country’s media. At least six people have been charged or convicted this month under <strong>Anti-Terrorist Law No. 3713 for writing about the subject.

The Anti-Terrorist Law will be 20 years old on 12 April. It quickly became a weapon that could be used relentlessly against journalists who dare to broach the problem of minorities. This month’s trials have offered further examples of the appalling and insane way it is used to impose severe sentences on both writers and editors

Ibrahim Cesmecioglu, the editor of the newspaper Birgün, and Hakan Tahmaz, one of its columnists, were convicted of “reproducing a statement or communiqué by a terrorist organization” under article 6 of the Anti-Terrorist Law for an August 2008 article headlined “A unilateral ceasefire would increase the problem.” It quoted Murat Karayilan, a representative of the outlawed Kurdistan Workers Party (PKK), who was interviewed in Qandil, in Iraqi Kurdistan.

Citing article 10 of the European Convention of Human Rights, the prosecutor ended up urging their acquittal on the grounds that they had exercised their right to cover a newsworthy subject. But the Istanbul court’s presiding judge nonetheless sentenced Tahmaz to 10 months in prison for writing the article and Cesmecioglu to a fine of 16,600 Turkish lira (1,600 euros) for publishing it.

The same court convicted Mehmet Güler, the author of a book entitled “The global state and the stateless Kurds” that was published in May 2010, and his publisher, Ragip Zarakolu, on 10 March on a charge of “PKK propaganda,” sentencing Güler to 18 months in prison and Zarakolu to a fine of 16,600 Turkish lira (1,600 euros).
In this case again, the prosecutor had described a prison sentence as “disproportionate and contrary to the requirements of a democratic society.” Their conviction was an example of judicial persecution inasmuch as both men were already convicted on the same charge in connection with another book in June 2010.

The journalist Ertugrul Mavioglu has meanwhile been charged with “PKK propaganda” for an interview with Karayilan published in three instalments in the newspaper Radikal from 28 to 30 October 2010. The case is due to be tried soon and its similarity with the Tahmaz and Cesmecioglu case suggests he will also be convicted. The charge carries a maximum sentence of seven years in prison.

After expressing a readiness to make concessions to the Kurds in 2009 the authorities seem to be reverting to a hard line in the Kurdish issue. The modest political opening seems to have had no impact on the way the courts treat journalists.

There was another example of indiscriminate repression at Newroz, the Kurdish New Year that is celebrated in the east of the country with demonstrations. On the night of 21 March, Necip Capraz of the local newspaper Yüksekova Haber was detained along with 10 other people in the southeastern city of Hakkari on suspicion of membership of the Turkish Assembly of the Union of Kurdistan Communities (KCK/TM), which is allegedly linked to the PKK.

Capraz underwent heart surgery a year ago and is in poor health. He was arrested exactly three years earlier after being the victim of violence while covering a pro-Kurdish demonstration. A well-known journalist in Turkey’s Kurdish southeast, he was awarded the Press Solidarity Prize in 2005 by the Association of Contemporary Journalists (CGD)

The authorities also went after foreign reporters. The German photo-journalist Benjamin Hiller was arrested while covering a demonstration by the Kurdish Democratic Party (BDP) in the southeastern city of Diyarbakir. Verbally assailed and accused of taking illegal photos, he was taken into police custody before finally being released an hour and a half later.

The problem of Turkey’s minorities is such a sensitive topic that even mentioning it is often perceived as an attack on the country’s unity. Turkey’s Nobel literature laureate, Orhan Pamuk, was sentenced on appeal on 28 March to a fine of 6,000 Turkish lira (730 euros) for saying in an interview published in Switzerland in 2005 that “30,000 Kurds and a million Armenians have been killed in this country.” The sheer fact of his conviction is very significant.

Reporters Without Borders reiterates its appeal to the judicial authorities to stop criminalizing the expression of views about issues of great interest to Turkish society.

The press freedom organization plans to visit Turkey in early April for the 20th anniversary of the Anti-Terrorist Law and to investigate the persecution of journalists in recent weeks

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